La Crémaillère naît d’une collaboration avec Elias Würsten.

LA CRÉMAILLÈRE fait dialoguer les expérimentations et les travaux réalisés par Rachel Morend et Elias Würsten lors de leur résidence à la Grenette de la Ferme-Asile. Pendant un mois, les deux artistes se sont approprié l’espace et ont transformé progressivement ses différentes pièces en salles de machines hybrides, ludiques et interactives conjuguant le mouvement, l’espace et le son avec ironie et facétie.
Diplômé·e·s de l’EDHEA en 2022, Rachel Morend et Elias Würsten s’intéressent à la mise en mouvement et au détournement de matériaux récupérés et d’objets hétéroclites, à l’électronique et à la mécanique. Alors que Rachel Morend puise son inspiration dans l’agriculture contemporaine et l’absurdité de notre société, Elias Würsten interroge avec humour notre rapport à la technologie.
Lancée dans le cadre du Festival Fais comme chez toi, LA CRÉMAILLÈRE est une nouvelle résidence évolutive qui a pour vocation de soutenir les artistes visuel·le·s émergent·e·s, transformant la Grenette en lieu collectif de travail, de réflexion et de production.
Les deux artistes ont construit une machine sonore interactive avec des objets de seconde main.

« Pendre la crémaillère » est une expression qui provient d’une tradition médiévale où l’on invitait à
manger avec les personnes qui avaient contribué aux travaux de la construction d’une maison. On
suspendait la marmite au-dessus du feu à l’aide d’une crémaillère, une tige de fer crantée qui
permettait d’ajuster la hauteur du récipient. La formule est encore largement utilisée aujourd’hui dans
le vocabulaire courant pour désigner une fête organisée pour célébrer un emménagement. Après un
mois de résidence de travail, LA CRÉMAILLÈRE célèbre ainsi l’installation de Rachel Morend et
d’Elias Würsten à la Grenette de la Ferme-Asile. C’est aussi un clin d’œil au dispositif mécanique qui
est à l’origine de l’expression, car la mise en mouvement occupe une place centrale dans les
processus de création des deux artistes et est inhérente à toutes les œuvres exposées.
LA CRÉMAILLÈRE présente des sculptures cinétiques composées d’assemblages de matériaux et
d’objets originaux qui conjuguent le mouvement et le son. Si certaines œuvres sont autonomes et se
meuvent de façon indépendante, d’autres sont mises en mouvement et se déploient uniquement à
travers des interactions directes avec le public.
À l’origine de ce projet, il y a une envie de réunir les travaux de deux artistes qui ont des centres
d’intérêt commun ainsi que des pratiques qui se répondent : la transmission mécanique, le son, la
récupération, le détournement, l’humour et l’apprentissage par soi-même. Passionné·e·s par la
mécanique, Elias Würsten et Rachel Morend étudient minutieusement les mécanismes d’objets qu’il et
elle récupèrent dans des décharges, à la ferme ou dans des magasins de seconde main pour créer
leurs œuvres. Il et elle les dépouillent de leur fonction et de leur sens premier et les assemblent avec
d’autres matériaux qu’il et elle mettent ensuite en mouvement à l’aide de circuits électriques, de
systèmes électroniques ou par le biais d’interactions humaines. Réunis et reliés les uns avec les
autres, les artefacts disparates se transforment en machines hybrides mobiles aux allures rétro et à
l’équilibre précaire et éphémère : elles tournent, elles sonnent, elles tapent, elles grincent, à l’instar de
leur œuvre collaborative intitulée LA CRÉMAILLÈRE, qui rappelle inéluctablement certains travaux de
Jean Tinguely ou du duo Fischli et Weiss. Réalisée in situ, cette construction prend vie par des
réactions en chaine subtiles lorsque le public appuie sur l’interrupteur rouge, qu’il décroche le
téléphone – qui retentit toutes les dix minutes –, qu’il appuie sur la gâchette de la perceuse ou qu’il
actionne la pédale mécanique.







© Olivier Lovey
